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Cash Plus entre en Bourse : quand 80.000 investisseurs se battent pour une seule action

 


En bref :

  • L'IPO de Cash Plus a été sursouscrite 64 fois, avec 80.759 souscripteurs pour seulement 1,56% de demandes satisfaites
  • La demande totale a atteint 48,82 milliards de dirhams pour une offre de 750 millions
  • 50% des souscripteurs particuliers investissent en Bourse pour la première fois
  • 17% des investisseurs viennent de l'étranger, notamment du Royaume-Uni, des États-Unis et de France
  • Le titre, coté sous le ticker "CAP", a été réservé à la hausse dès les premiers échanges

La cloche a sonné, et tout le monde voulait être là

Ce lundi 8 décembre, la cloche de la Bourse de Casablanca a retenti pour la deuxième fois de l'année. Après Vicenne cet été, c'est Cash Plus qui fait son entrée sur la cote casablancaise. Et quelle entrée.

Imaginez la scène. Vous organisez une fête et vous prévoyez 100 places. Sauf que 6.400 personnes veulent venir. C'est exactement ce qui s'est passé avec cette IPO. L'opération a été sursouscrite 64 fois. Soixante-quatre fois. Ce n'est plus de l'engouement, c'est un raz de marée.

Résultat ? Sur les 80.759 personnes qui ont voulu acheter des actions Cash Plus, seule une infime fraction a obtenu ce qu'elle demandait. Le taux de satisfaction ? 1,56%. Autrement dit, sur 100 investisseurs, moins de 2 ont eu leur compte. Les 98 autres repartent bredouilles, ou presque.

Des chiffres qui donnent le vertige

Prenons un moment pour digérer ce qui vient de se passer.

Cash Plus proposait une opération de 750 millions de dirhams. Une belle somme, certes. Mais les investisseurs en voulaient plus. Beaucoup plus. La demande totale a atteint 48,82 milliards de dirhams. Près de 49 milliards pour une offre de 750 millions. Les investisseurs ont demandé 244 millions d'actions alors qu'il n'y en avait qu'une fraction disponible.

Pour mettre ces chiffres en perspective, c'est comme si vous vendiez une voiture à 75.000 dirhams et que des acheteurs débarquent avec près de 5 millions de dirhams en poche, prêts à surenchérir pour l'avoir. La confiance du marché dans Cash Plus est tout simplement extraordinaire.

Le phénomène qui change tout : les nouveaux investisseurs

Voici peut-être le chiffre le plus fascinant de cette IPO. La moitié des souscripteurs personnes physiques n'avaient jamais investi en Bourse avant. Cinquante pour cent. Des néophytes complets qui ont décidé que Cash Plus serait leur première action.

Pensez à ce que cela signifie. Des milliers de Marocains qui n'avaient jamais franchi le pas, qui regardaient la Bourse de loin comme un monde inaccessible, ont décidé de se lancer. Et ils ont choisi Cash Plus pour leurs débuts.

C'est une petite révolution silencieuse. La Bourse de Casablanca n'est plus réservée aux initiés, aux traders professionnels, aux grandes fortunes. Elle s'ouvre à monsieur et madame Tout-le-Monde. Et cette IPO en est la preuve vivante.

Mohamed Saad, directeur général par intérim de la Bourse de Casablanca, ne s'y est pas trompé. Selon lui, cette opération confirme les efforts menés depuis quatre à cinq ans pour renforcer l'accessibilité de la place casablancaise et attirer des entreprises de secteurs variés. Le pari semble gagné.

Quand le monde entier veut investir au Maroc

L'autre surprise de cette IPO, c'est sa dimension internationale. 17% des souscripteurs viennent de l'étranger. Pas seulement de France ou d'Europe. On parle du Royaume-Uni, des États-Unis, de l'Allemagne, et même du Sénégal.

Des investisseurs américains et britanniques qui s'intéressent à une entreprise marocaine de paiement mobile ? Il y a quelques années, cela aurait semblé improbable. Aujourd'hui, c'est une réalité. Le Maroc attire les capitaux internationaux, et pas uniquement dans les secteurs traditionnels comme les phosphates ou l'immobilier.

Cette diversité géographique des souscripteurs envoie un signal fort. Cash Plus n'est pas perçue comme une simple entreprise locale. Elle est vue comme un acteur de l'inclusion financière avec un potentiel de croissance qui dépasse les frontières marocaines. L'Afrique francophone, notamment, représente un terrain d'expansion naturel.

Cash Plus : mais au fait, c'est quoi ?

Avec tout cet engouement, on pourrait presque oublier de se demander ce que fait réellement Cash Plus. Et pourtant, c'est là que réside l'explication de ce succès.

Cash Plus est un acteur majeur de l'inclusion financière au Maroc. Son métier ? Permettre aux Marocains, notamment ceux qui n'ont pas accès aux services bancaires traditionnels, d'effectuer des transactions financières. Transferts d'argent, paiements, recharges téléphoniques. Des services essentiels pour des millions de personnes.

Dans un pays où une partie significative de la population reste non bancarisée, ce positionnement est stratégique. Cash Plus ne vend pas un produit de luxe. Elle répond à un besoin fondamental. Et les investisseurs l'ont bien compris.

Les ambitions du PDG : digitalisation et application financière

Nabil Amar, le PDG de Cash Plus, n'a pas caché ses ambitions lors de la cérémonie de cotation. Pour lui, cette introduction en Bourse est une étape historique dans la trajectoire de croissance de l'entreprise. Mais ce n'est qu'un début.

Les capitaux levés grâce à cette IPO vont servir à accélérer la stratégie de digitalisation du groupe. Concrètement, cela signifie équiper davantage de commerçants en solutions de paiement numérique, renforcer les moyens de paiement existants, et surtout développer une application financière complète.

L'objectif ? Simplifier le quotidien des Marocains. Une application qui permettrait de gérer son argent, d'effectuer des paiements, de transférer des fonds, le tout depuis son smartphone. Dans un pays où le taux de pénétration mobile est élevé mais où les services financiers digitaux restent fragmentés, le potentiel est immense.

Comme l'a résumé Nabil Amar, ces fonds vont permettre au groupe d'aller plus vite et plus loin, au service de l'inclusion financière du Royaume.

Premier jour de cotation : réservé à la hausse

La première cotation d'une action est toujours un moment de vérité. Toute l'euphorie de l'IPO peut retomber si le marché ne suit pas. Ou au contraire, elle peut s'amplifier.

Pour Cash Plus, le verdict est tombé rapidement. Le titre, coté sous le ticker "CAP" au sein du marché principal, a été réservé à la hausse dès les premiers échanges. Cela signifie que la demande était si forte que le cours a atteint la limite maximale autorisée pour une seule séance.

Pour les chanceux qui ont obtenu des actions lors de l'IPO, c'est une excellente nouvelle. Leur investissement prend de la valeur dès le premier jour. Pour les 98% qui n'ont rien eu, c'est une frustration supplémentaire. Le titre qu'ils voulaient acheter à 750 dirhams leur coûtera désormais plus cher sur le marché secondaire.

Ce que cette IPO révèle sur le marché marocain

Au-delà du cas particulier de Cash Plus, cette introduction en Bourse raconte une histoire plus large sur l'état du marché financier marocain.

Premièrement, il y a une soif d'investissement. Les Marocains cherchent des placements, des alternatives à l'épargne traditionnelle, des moyens de faire fructifier leur argent. Quand une opportunité crédible se présente, ils se mobilisent massivement.

Deuxièmement, la confiance dans la Bourse de Casablanca se renforce. Les efforts de modernisation et d'accessibilité portent leurs fruits. La place casablancaise n'est plus perçue comme un club fermé réservé aux experts.

Troisièmement, les secteurs innovants attirent. Cash Plus opère dans la fintech, l'inclusion financière, le paiement digital. Ces thématiques parlent aux investisseurs, notamment aux plus jeunes qui découvrent la Bourse.

Et maintenant ? Les yeux rivés sur le ticker CAP

L'aventure boursière de Cash Plus ne fait que commencer. Après l'euphorie de l'IPO et le premier jour de cotation réservé à la hausse, le vrai test commence.

L'entreprise devra prouver que la confiance des 80.759 souscripteurs était justifiée. Cela passera par des résultats financiers solides, une exécution impeccable de sa stratégie de digitalisation, et une capacité à tenir ses promesses en matière d'inclusion financière.

Pour les investisseurs qui n'ont pas pu participer à l'IPO, la question se pose : faut-il acheter maintenant sur le marché secondaire, malgré un cours probablement plus élevé ? Ou attendre une éventuelle correction ? C'est le dilemme classique de ceux qui arrivent après la fête.

Une chose est certaine. Avec cette introduction, Cash Plus a marqué les esprits. Et la Bourse de Casablanca peut se féliciter d'avoir accueilli, par la grande porte, un nouvel acteur qui incarne l'avenir de la finance au Maroc.

Ce qu'il faut retenir

L'IPO de Cash Plus restera dans les mémoires comme l'une des plus spectaculaires de l'histoire boursière marocaine. 80.759 souscripteurs, une sursouscription de 64 fois, 50% de nouveaux investisseurs, 17% de participation étrangère. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes.

Mais au-delà des statistiques, cette opération raconte une histoire. Celle d'une entreprise qui a su convaincre. Celle d'un marché qui s'ouvre et se démocratise. Celle d'investisseurs, novices ou expérimentés, marocains ou étrangers, qui croient en l'avenir de l'inclusion financière au Maroc.

Le titre CAP est désormais coté. La suite de l'histoire s'écrira jour après jour, transaction après transaction. Et quelque chose me dit qu'elle sera passionnante à suivre.

Avez-vous participé à l'IPO de Cash Plus ? Avez-vous obtenu des actions ou faites-vous partie des 98% de frustrés ? Comptez-vous suivre le titre CAP ? Partagez votre expérience dans les commentaires.

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