Main menu

Pages

IPO SGTM : une opportunité d’investissement robuste

IPO SGTM : une opportunité d’investissement robuste


SGTM en Bourse : quand le bâtisseur du Maroc moderne lève 5 milliards de dirhams

En bref :

  • L'IPO de SGTM lève 5 milliards de dirhams, la 2ème plus grosse opération de l'histoire boursière marocaine après Maroc Telecom
  • Le groupe fondé par la famille Kabbaj est le leader du BTP avec plus de 1.000 projets et un carnet de commandes de 37 milliards de dirhams
  • Le contexte est historiquement favorable : croissance PIB >4,5%, investissement public de 350 milliards/an, CAN 2025 et Coupe du Monde 2030
  • La valorisation affiche une décote de 19% par rapport au marché avec un rendement dividende supérieur à 4%
  • Les sociétés alignées sur les priorités stratégiques de l'État ont historiquement surperformé : Cosumar +120%, Marsa Maroc +363%, Akdital +376%

Une IPO qui entre dans l'histoire

Il y a des chiffres qui parlent d'eux-mêmes. Cinq milliards de dirhams. C'est le montant que le Groupe SGTM s'apprête à lever sur le marché boursier marocain. Pour trouver une opération plus importante, il faut remonter vingt ans en arrière, à l'introduction en Bourse de Maroc Telecom en 2004.

Cette IPO n'est pas simplement une grosse levée de fonds. Elle marque l'entrée en Bourse du bâtisseur du Maroc moderne. L'entreprise qui a construit les stades, les barrages, les ports, les autoroutes que vous empruntez quotidiennement. Celle qui transforme les plans des architectes et des ingénieurs en réalités de béton et d'acier.

Après Vicenne et Cash Plus plus tôt dans l'année, SGTM devient la troisième entreprise à rejoindre la cote casablancaise en 2025. Mais par son ampleur et par ce qu'elle représente, cette opération joue dans une catégorie à part.

La famille Kabbaj ouvre le capital

Pour comprendre cette IPO, il faut d'abord comprendre qui est SGTM. Et cette histoire commence en 1972, quand les frères Ahmed et M'hammed Kabbaj créent leur entreprise de construction. Cinquante-trois ans plus tard, leur groupe est devenu le leader incontesté du BTP marocain.

L'opération actuelle porte sur la cession par la famille Kabbaj de 12 millions d'actions au prix de référence de 420 dirhams l'unité. C'est 20% du capital qui va ainsi passer entre les mains du public. La famille conserve le contrôle avec 80% des parts, mais elle ouvre une fenêtre significative aux investisseurs.

Quatre ordres sont proposés pour s'adapter à chaque profil. Les salariés et retraités du groupe bénéficient d'un prix préférentiel de 340 dirhams pour un montant de 190 millions. Les particuliers sans minimum de souscription peuvent acquérir des actions à 380 dirhams pour une enveloppe de plus de 1,6 milliard. Les investisseurs avec un minimum de 5 millions accèdent au prix de 420 dirhams sur une tranche de 951 millions. Enfin, les investisseurs qualifiés institutionnels disposent d'une enveloppe de 2 milliards au même prix.

Plus de mille projets qui racontent le Maroc

Le palmarès de SGTM se lit comme un inventaire du patrimoine infrastructurel marocain. Plus de mille projets réalisés sur l'ensemble du territoire. Des chantiers qui ont façonné le visage du pays tel que nous le connaissons aujourd'hui.

L'entreprise opère sur cinq domaines d'activité stratégiques qui couvrent l'ensemble des besoins en construction du Royaume.

Dans les bâtiments tertiaires, SGTM a construit des références comme l'Université Mohammed VI Polytechnique à Rabat et Benguerir ou le siège de Maroc Telecom. Ces projets complexes, qui combinent exigences architecturales et contraintes techniques, démontrent la capacité du groupe à répondre aux standards les plus élevés.

Dans le domaine des barrages et aménagements hydrauliques, le groupe a développé un savoir-faire reconnu pour répondre à la problématique cruciale de la sécurité hydrique. L'autoroute de l'eau Sebou-Bouregreg, qui permet de transférer les ressources hydriques entre bassins, illustre cette expertise. SGTM a également construit plusieurs barrages au Maroc et en Afrique.

Les travaux maritimes et fluviaux constituent un autre domaine d'excellence. Les ports de nouvelle génération comme Nador West Med et Dakhla Atlantique portent la signature du groupe. Ces infrastructures aux standards internationaux positionnent le Maroc comme hub logistique mondial.

Le secteur mines, énergie et bâtiments industriels voit SGTM construire des usines de production, des centrales énergétiques, des data centers, des plateformes logistiques et des dépôts pétroliers. L'usine de ciment Novacim, livrée clés en main, est un exemple emblématique de cette diversification.

Enfin, les infrastructures de transport et ouvrages d'art mobilisent une expertise avérée dans la réalisation de projets complexes : routes, ponts, tunnels, viaducs. Des ouvrages qui demandent une maîtrise technique pointue et une capacité à gérer des chantiers d'envergure.

Fast Track et clés en main : les armes secrètes

Comment SGTM a-t-elle réussi à s'imposer comme leader incontournable du BTP marocain ? Deux avantages compétitifs font la différence.

Le premier s'appelle Fast Track. Il s'agit d'un mode de construction accéléré qui permet de raccourcir drastiquement le calendrier des projets. Dans un pays qui doit livrer des infrastructures majeures pour la CAN 2025 et la Coupe du Monde 2030, cette capacité à tenir des délais serrés devient stratégique.

L'exemple le plus parlant ? La rénovation et l'extension du stade Moulay Abdellah à Rabat. Un chantier colossal bouclé en quatorze mois. Quatorze mois pour transformer une enceinte sportive aux standards internationaux. C'est ce track record qui fait de SGTM le partenaire naturel des grands projets sous contrainte de temps.

Le second avantage, ce sont les projets clés en main. Traditionnellement, une entreprise de BTP se limite aux travaux de génie civil. SGTM est allée plus loin en intégrant le montage mécanique et le processus technologique. Concrètement, le groupe peut livrer une usine complète, prête à fonctionner, et non pas simplement une coquille vide.

L'usine de ciment Novacim illustre parfaitement cette approche. SGTM n'a pas seulement coulé le béton et monté les structures. Elle a intégré les équipements, installé les lignes de production, configuré les processus industriels. Un positionnement qui permet de capter une part beaucoup plus importante de la valeur ajoutée des projets.

Quand l'histoire boursière éclaire l'avenir

Les analystes qui recommandent de souscrire à cette IPO ne se basent pas uniquement sur les fondamentaux de SGTM. Ils s'appuient sur une observation historique frappante du marché marocain.

Au cours de la dernière décennie, les sociétés cotées dont l'activité s'inscrit dans les priorités stratégiques de l'État ont généré des performances boursières remarquables. Trois cas d'école illustrent ce phénomène.

Cosumar et le Plan Maroc Vert. Le déploiement de cette stratégie agricole a eu des retombées directes sur la filière sucrière. Mécanisation, semences améliorées, subventions aux agriculteurs. Les rendements en sucre ont bondi de 50%, passant de 8 à 12 tonnes par hectare entre 2012 et 2016. Cosumar, en tant que leader national, a pleinement capté cette dynamique. Ses bénéfices ont progressé de 49% et son titre s'est envolé de 120%, passant de 69 à 152 dirhams sur la période.

Marsa Maroc et la Stratégie Portuaire Nationale 2030. Cette politique vise à hisser le Maroc au rang de hub logistique mondial à travers la construction de ports de dernière génération. Tanger Med, Nador West Med, Dakhla Atlantique. Marsa Maroc, opérateur de référence, est devenu un acteur clé de ces nouvelles infrastructures. Résultat ? Une performance boursière de 363% en cinq ans, le titre passant de 212 dirhams en 2021 à 982 dirhams en 2025.

Akdital et la généralisation de l'AMO. Après le Covid, la santé est devenue une priorité nationale majeure. L'extension de l'assurance maladie obligatoire à l'ensemble de la population a créé un appel d'air pour les opérateurs privés de qualité. Akdital a lancé une politique d'investissement agressive pour étendre sa couverture géographique. Son titre a bondi de 376% en trois ans.

Le message est clair. Quand une entreprise leader se trouve alignée avec une stratégie d'État, les chances de surperformance boursière sont élevées. SGTM, au cœur du Programme National d'Infrastructure 2030, coche exactement cette case.

Un contexte macroéconomique sans précédent

L'environnement dans lequel SGTM fait son entrée en Bourse est historiquement favorable. Plusieurs indicateurs convergent pour dessiner un âge d'or du BTP marocain.

Premier signal : la croissance économique franchit un nouveau palier. Pour la première fois de son histoire, le Maroc devrait connaître des taux de progression du PIB supérieurs à 4,5% sur un horizon moyen terme. Ce n'est plus une croissance de rattrapage ponctuelle, mais l'entrée dans un nouveau cycle de développement structurel.

Deuxième signal : l'investissement public atteint des niveaux inédits. Le budget annuel moyen sur 2024-2026 s'établit à 350 milliards de dirhams. C'est 60% de plus que le niveau observé durant la période 2019-2022. L'effort d'investissement public représente désormais 21% du PIB contre un niveau historique autour de 16%. Les secteurs prioritaires sont l'infrastructure, la transition énergétique, la santé et l'éducation. Autant de domaines où SGTM est présente.

Troisième signal : la consommation de ciment repart en flèche. Considérées comme un baromètre du secteur BTP, les ventes de ciment ont marqué en 2025 une rupture nette avec une décennie d'atonie. Sur la période 2019-2024, la croissance moyenne était de 0,1%. Sur 2025-2028, les professionnels anticipent un rythme de 8 à 9% par an, soit deux fois la croissance du PIB. Un signal fort de l'intensité de l'activité de construction à venir.

Quatrième signal : le pipeline de projets donne le vertige. Les investissements identifiés à ce jour totalisent plus de 1.000 milliards de dirhams à horizon 2030. Pour donner un ordre de grandeur, ce montant représente la totalité de l'encours des crédits à l'économie du secteur bancaire marocain en 2024. C'est colossal.

CAN 2025 et Coupe du Monde 2030 : les catalyseurs

Derrière ces chiffres abstraits, il y a des échéances concrètes qui expliquent l'urgence et l'ampleur des investissements.

La Coupe d'Afrique des Nations 2025, d'abord. Le Maroc accueille cette compétition majeure et doit livrer des infrastructures sportives aux standards internationaux. Stades, centres d'entraînement, équipements connexes. Les délais sont serrés, et c'est précisément dans ce contexte que la capacité Fast Track de SGTM prend toute sa valeur.

La Coupe du Monde 2030, ensuite. Co-organisée avec l'Espagne et le Portugal, cette compétition planétaire va nécessiter des investissements encore plus massifs. Nouveaux stades, infrastructures de transport, hébergements, équipements urbains. L'échéance 2030 structure toute la planification des grands projets marocains pour la décennie à venir.

Depuis l'annonce en octobre 2023 de la co-organisation du Mondial, l'indice BTP de la Bourse de Casablanca a surperformé le MASI de manière spectaculaire. Plus 330% pour le BTP contre plus 60% pour le marché global. Les investisseurs ont anticipé le boom à venir. Et SGTM, en tant que leader du secteur, est naturellement au cœur de ces anticipations.

Un carnet de commandes qui rassure

Les promesses de croissance future sont une chose. Les commandes fermes en sont une autre. Sur ce point, SGTM rassure.

Le carnet de commandes s'établit à 37 milliards de dirhams à fin mai 2025. C'est l'équivalent de plus de deux ans et demi de chiffre d'affaires au rythme actuel. Une visibilité confortable qui sécurise les projections de croissance à court et moyen terme.

Le chiffre d'affaires consolidé devrait franchir la barre des 14 milliards de dirhams en 2025. Sur la période 2022-2025, la croissance annuelle moyenne a été de 17,6%. Le business plan communiqué par le management table sur un rythme plus modéré de 7,5% sur 2025-2028, puis 3,6% au-delà.

Ce ralentissement apparent interpelle. Mais les analystes y voient plutôt un signe de prudence. Le management aurait délibérément présenté des projections conservatrices, ouvrant la voie à de bonnes surprises futures. Compte tenu du contexte exceptionnel et de la capacité historique de SGTM à capter les grands projets, une surperformance du business plan semble probable.

Les chiffres de la valorisation

Passons aux ratios qui permettent de juger si le prix proposé est attractif.

Le ratio cours/bénéfice, le P/E, ressort en moyenne à 16,3 fois sur la période 2026-2028. C'est une décote de 19% par rapport au niveau normatif du marché marocain, estimé autour de 20 fois. Pour une entreprise leader dans un secteur en plein boom, payer moins cher que la moyenne du marché constitue un argument de poids.

Cette valorisation intègre une croissance annuelle moyenne des bénéfices de 16,2% sur la période. Le résultat net consolidé devrait franchir le cap du milliard de dirhams dès 2025 pour atteindre 1,7 milliard en 2028. Une trajectoire qui justifie l'intérêt des investisseurs.

Le rendement dividende devrait dépasser 4% à horizon 2028. C'est nettement supérieur au rendement moyen du marché actions, inférieur à 3%, et au taux des bons du Trésor 5 ans à 2,68%. La politique de distribution repose sur un payout stable de 60% du résultat net, ce qui garantit une certaine prévisibilité des revenus pour les actionnaires.

La marge d'EBE sur chiffre d'affaires devrait se maintenir autour de 16,9% sur la période prévisionnelle, en ligne avec la moyenne observée entre 2022 et 2024. Cette stabilité atteste de la résilience du modèle économique de l'opérateur.

Un profil de risque maîtrisé

Le secteur du BTP est réputé pour ses besoins en fonds de roulement importants et son recours à l'endettement. Sur ces deux points, SGTM affiche un profil rassurant.

Le besoin en fonds de roulement est maîtrisé autour de 21% des revenus consolidés. C'est un niveau raisonnable pour le secteur, qui témoigne d'une gestion rigoureuse du cycle d'exploitation.

L'endettement suit une trajectoire baissière. L'endettement net devrait devenir négatif à compter de 2028, contre 832 millions de dirhams en 2024. Dit autrement, SGTM devrait disposer à terme de plus de trésorerie que de dettes. Une situation financière confortable qui offre des marges de manœuvre pour saisir de nouvelles opportunités.

Ce que cette IPO change pour la Bourse

Au-delà de l'opportunité d'investissement, l'entrée de SGTM modifie la physionomie du marché boursier marocain.

Le poids du secteur BTP dans la capitalisation boursière globale va passer de 6% avant l'opération à 8,3% après. Le BTP intégrera ainsi le top 3 des secteurs cotés en termes de capitalisation, juste derrière les télécoms. Une reconnaissance de l'importance stratégique de ce secteur pour l'économie nationale.

Cette IPO apporte également de la profondeur au marché. Avec 5 milliards de dirhams levés et un flottant de 20%, SGTM devient une valeur de référence. Les investisseurs institutionnels, locaux et internationaux, disposeront d'un véhicule liquide pour s'exposer à la thématique infrastructure marocaine.

Ce qu'il faut retenir

L'IPO de SGTM n'est pas une opération comme les autres. Par son montant, la deuxième plus importante de l'histoire boursière marocaine. Par son timing, au cœur d'un super-cycle d'investissement public. Par son émetteur, le leader incontesté du BTP national avec plus de mille projets au compteur.

Les arguments en faveur de la souscription sont nombreux. Un contexte macroéconomique historiquement porteur. Une capacité démontrée à capter les grands projets structurants. Des avantages compétitifs distinctifs avec le Fast Track et les projets clés en main. Une valorisation décotée par rapport au marché. Un rendement dividende attractif.

L'histoire boursière marocaine enseigne que les entreprises alignées sur les priorités stratégiques de l'État surperforment. Cosumar, Marsa Maroc, Akdital ont tracé la voie. SGTM, positionnée au cœur du Programme National d'Infrastructure 2030, semble destinée à suivre le même chemin.

Pour les investisseurs à la recherche d'une exposition au boom infrastructurel marocain, cette IPO constitue une porte d'entrée de choix. Le bâtisseur du Maroc moderne ouvre son capital. L'opportunité ne se présentera pas deux fois.

Comptez-vous souscrire à l'IPO SGTM ? Quel ordre correspond à votre profil d'investisseur ? Pensez-vous que le secteur BTP continuera sa surperformance ? Partagez votre analyse dans les commentaires.

reactions

Commentaires